子供の日– Kodomo no hi (le jour des enfants)
Le 5 mai, au Japon, c’est le jour de La Fête des Enfants ! Un jour férié, pendant lequel il n’y a pas d’école. Auparavant, c’était le jour de la Fête des Garçons, les filles ayant leur fête le 3 mars. A la base, le 5 du 5ième mois, c’était une très ancienne fête venue de Chine, pour favoriser les travaux de repiquage du riz, le riz étant au Japon aussi important que le blé pour les Occidentaux. Puis, c’est devenu une fête de rituel de passage à l’âge adulte pour les garçons : les jeunes d’un certain âge devenaient dès lors aptes à protéger leur village. Ainsi, et jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, les symboles de la Fête des Garçons étaient essentiellement des symboles guerriers, des casques de samouraï (kabuto), des sabres (katana) des arcs et des flèches… Mais face aux nombreuses exactions perpétrées par l’armée japonaise pendant le seconde guerre mondiale, les forces d’occupations américaines du Japon, ont remplacé dès 1946, la fête des garçons et ses symboles guerriers, par la fête des enfants et par la carpe Koï, très présente au Japon.

Pourquoi la carpe Koï est-elle devenue le symbole de la Fête des enfants ?
Au Japon, les carpes sont différentes de celles que l’on trouve dans nos lacs et chez les poissonniers en Europe. Elles ont pleines de couleurs, comme si un peintre les aurait décorées ! Certaines sont même comme le drapeau japonais : toutes blanches, avec un cercle rouge ; leur nom, « la carpe Tancho ».
La carpe fait référence à un conte très ancien d’origine chinoise. Ainsi, en disposant un mât porteur des bannières en forme de carpes près des habitations, le nombre de carpes correspondant aux membres du foyer, les parents espéraient que leurs enfants aient, à l’instar de la carpe de l’histoire, un rêve et qu’ils se donnent les moyens de le réaliser. C’est donc un histoire très stimulante !
L’histoire du rêve de la carpe !
Autrefois, en Chine, une carpe rêvait de voler dans le ciel, comme les oiseaux. Elle supposait qu’en accédant au sommet d’une très haute montagne touchant les Cieux, en faisant un saut de carpe, elle se retrouverait ainsi portée par les courants, volant comme un oiseau ??? Comme elle savait que les fleuves et les rivières prennent leur source dans les montagnes, elle avait décidé de remonter jusqu’à sa source le Fleuve Jaune, le 2ème plus long fleuve du monde (5 464 kilomètres) !
Le long périple de la carpe
Poussée par son envie de voler et de réaliser son rêve, la carpe commença à remonter le Fleuve Jaune, sur des milliers de kilomètres, avec ses seules petites nageoires et à contre-courant. Tout doucement, elle avançait, à la seule force de ses petites nageoires, mais poussée par son désir de réaliser son rêve et de voler !! Petit à petit, elle avançait, régulièrement. Pendant des jours et des mois, des années, sans se décourager, en résistant à la fatigue, à l’envie de s’arrêter et contre le découragement… Elle continuait, malgré le courant qui devenait plus fort, en passant les petites cascades, en sautant d’un coup de queue pour passer les barrages et continuer de remonter, de remonter tout doucement mais sûrement, sans se décourager. Elle avait très envie de voler !!

La fin du rêve – l’épreuve de la réalité
Après des années d’abnégation, cette fois, elle se retrouva au pied d’une cascade vraiment très très haute, à pic « Ryûmon » – la porte du dragon… Cette fois, malgré son envie de réaliser son rêve, malgré sa détermination, rien à faire, c’était impossible pour une si petite carpe de dépasser une si haute cascade ! Elle était bien obligée de reconnaître qu’elle ne pourrait jamais passer cette haute cascade et continuer jusqu’à la source du fleuve, tout en haut de la montagne et tout près du ciel. Jamais, elle ne pourrait donc réaliser son rêve et jamais elle ne pourrait voler…
L’intervention « divine »
Au Japon, il n’y a pas qu’un seul dieu comme en France, notamment. Il n’y a d’ailleurs pas vraiment de dieu comme nous le pensons : ce n’est pas comme une personne. Il y a en quelque sorte des bouts de dieu, des entités divine partout ! : dans un caillou, une plante, un insecte… Donc, ces entités divines du Japon savaient quel était le rêve de la carpe et ils la voyaient faire tous ces efforts depuis tant d’années pour réaliser son rêve ! Et là, ils la voyaient toute triste, perdue et déçue de devoir renoncer à son rêve. C’est pour cela, pour la récompenser, qu’elles décidèrent de réaliser son rêve. En la transformant en dragon !
Le dragon, au Japon
Un dragon, au Japon, ce n’est pas considéré comme chez nous : c’est un dragon d’eau, qui ne détruit pas et ne crache pas des flammes et ne tue pas des chevaliers et des gens. Il protège plutôt l’eau, si importante pour l’irrigation des rizières et du riz. C’est un dragon plus proche d’un serpent, qui vole ! Au Japon, on en trouve de nombreuses représentations dans l’enceinte des temples, à l’endroit où on se lave et on se purifie les mains et la bouche avant d’aller prier au temple. De leur bouche se déverse l’eau !

Les parents, la carpe et leurs enfants
Finalement, la carpe est le symbole de la Fête des enfants parce que les parents espèrent que leurs enfants seront comme la carpe de l’histoire : qu’ils auront un rêve et qu’ils se battront pour le réaliser. Qu’ils feront des efforts, qu’ils auront confiance en eux, qu’ils ne laisseront pas tomber et qu’ils continueront d’y croire sans se décourager ni perdre espoir !

