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Date

Jeudi 15 janvier 2026

Animation

Formation « La calligraphie japonais – le lâcher prise et après« , au domicile des participants, Paris. Durée 2h.

2 adultes

Contexte

Après avoir rencontré Claudio, samedi, dans le magasin de musique pour lequel il travaille, Guillaume (Président de l’association l’Elan Créatif) lui a présenté de fil en aiguille notre association et nos actions. Pressentant Claudio fortement intéressé, un déjeuner a été organisé avec Stéphane (Membre fondateur et intervenant de l’association l’Elan Créatif) dès le lendemain à Paris. À l’issue de ce déjeuner, Claudio étant intéressé par nos interventions autour de la calligraphie japonaise et son frère étant lui-même très intéressé par la culture japonaise, il a souhaité que soit mis en place une formation semi individuelle de calligraphie le jeudi suivant.

Programme

  • d’après vous, c’est quoi la calligraphie ?
  • présentation, par l’intervenant de la calligraphie, au sens d’une voie, ainsi que des bienfaits que peut apporter la calligraphie,
  • rapide présentation des différents système d’écriture du japonais,
  • identification des katakana transcrivant en japonais les prénoms des participants,
  • présentation du matériel et surtout par quoi ce matériel acquis au Japon peut facilement être remplacé, sans avoir à faire d’achat onéreux et chronophage,
  • démonstration, par l’intervenant, des bases de la calligraphie,
  • réalisation d’exemple, par les participants, de différentes versions de calligraphies de leur prénoms,
  • conseils, de l’intervenant, et suggestions pour permettre aux participants d’identifier leurs blocages puis de les dépasser pour parvenir à obtenir une calligraphie finale harmonieuse et équilibrée, réalisée sur un papier japonais,
  • les participants sont repartis avec leur prénom calligraphié, sur papier classique et sur papier japonais.

Compte-rendu

Comme je le fais depuis mes récentes animations, je commence en leur demandant « D’après vous qu’est-ce que la calligraphie ? »

Autant Claudio me parle de l’aspect esthétique de la calligraphie, que son frère, Uliès, qui fait d’ailleurs partie d’une communauté méditative japonaise, me parle davantage du trait en cela qu’il peut révéler une intention de la part de celui qui calligraphie.

Après leur avoir confirmé que ces deux aspects se trouvent bien associés dans la calligraphie, je leur indique que le mot « calligraphie » se dit de deux façons différentes en japonais, l’une notamment « shodô », dont le second idéogramme se retrouve dans les mots « kendô, judô, aïkidô, bushidô – la voie du guerrier » et qui signifie « la voie », au sens de la recherche.

Je leur présente ensuite en quoi peut consister et comment peut se matérialiser cette recherche et en quoi la calligraphie peut être en quelque sorte un des nombreux supports pour permettre que s’effectue cette recherche en soi-même ; l’objet calligraphié pouvant être ainsi comparable à une borne kilométrique le long d’une route.

Les parties suivantes, rapide présentation de l’écriture du japonais puis présentation du système des katakana et recherche ensemble des katakana de leurs prénoms, sont raccourcie par rapport à habituellement, du fait que cette fois, au-delà de l’intérêt culturel de cette animation, les versants « la calligraphie et le lâcher prise et l’intérêt de ce média pour cette recherche en soi » sont plus attendus.

Rapide présentation des ustensiles du calligraphe et mise en avant des objets qui peuvent les remplacer, que l’on peut facilement acquérir dans notre quotidien et pour un coût limité. De façon à ce que l’acquisition du matériel ne constitue pas un frein à la poursuite de cette pratique, dans la mesure où Claudio et son frère souhaiteraient la poursuivre à domicile.

Après la démonstration par l’intervenant des points et traits de base de la calligraphie,

temps de pratique pour les participants d’environ une heure, au cours de laquelle ils exécuteront une quinzaine de versions de leur prénom en japonais, au gré des interventions de l’intervenant pour les aider à améliorer leurs traits, le positionnement des traits et des katakana dans l’espace, afin de parvenir à une calligraphie finale qui soit harmonieuse et équilibrée.

Au regard des première versions, j’identifie des maladresses récurrentes, notamment au niveau du signe « ウ – ou » que l’on retrouve dans les deux prénoms. Je concentre mes interventions sur ce signe plus particulièrement en leur expliquant que si nous laissons ce geste imparfait sans le corriger immédiatement, cela fera comme un pli dans un tissu et il se retrouvera reproduit à l’identique sur toutes les versions ultérieures et il sera encore plus difficile de le corriger à mesure que l’on attendra. Ce type de geste étant une manifestation d’une habitude et d’un automatisme de geste à l’origine d’une connexion neuronale qu’il convient de changer.

Tout pendant le temps de pratique, je mets en avant les points de succès les améliorations alors que les participants ont tendance à voir les imperfections récurrentes. Ce qui est généralement classique chez les participants.

Claudio surtout remarque rapidement qu’il reste en position de contrôle et, quand il est en mode contrôle, forcément, ses calligraphies demeurent figées et leurs imperfections deviennent récurrentes.

Uliès, son frère, pour dépasser des maladresses récurrentes, finit par calligraphier du bout du pinceau, comme en jetant ses traits. Ce qui permet, certes, d’obtenir une harmonie dans l’épaisseur des traits et un rendu « asiatique » au sens où ses traits présentent ces aspects frangés, des traits non uniformément droits… En cela, il correspond à cette infime partie des participants qui recourent à ce subterfuge pour tenter de dépasser et de masquer leurs maladresses.

Je lui explique donc tout en le faisant moi-même, comment les personnes asiatiques calligraphient lentement, en étant dans l’instant présent et dans le geste jusqu’au moment de relever le pinceau de la feuille. Après quoi, lui-même se met à tracer lentement, en étant dans son geste. A partir de ce moment-là, je ressens une plus grande présence et une tranquillité dans son geste et dans son attitude et cela se traduit dans ses traits qui acquièrent une meilleure présence et une harmonie.

Au final, chacun réalise deux versions sur le papier japonais, notamment du fait que leur première version demeure imparfaite et que je les sens pas entièrement satisfaits de leur réalisation et, en outre, qu’il y a peut-être encore une marge possible d’amélioration ; du moins une envie. En quelque sorte, je sens qu’ils en ont encore sous le pied !

Bien nous en a fait, car Claudio, à l’issue de sa deuxième réalisation sur le papier japonais reste immobile devant sa calligraphie, en contemplation. Il nous fait ensuite part de son contentement, qui se lit d’ailleurs sur son visage et dans son attitude, son corps se faisant plus relâché et exprimant son état intérieur qui est celui de la joie. Moi-même, je suis également envahi par ce même sentiment de joie : je suis à la fois très content qu’il ait réussi et à la fois très content d’avoir œuvré à ce qu’il y parvienne.

Son frère Uliès, moins démonstratif, est néanmoins tout aussi content de sa réalisation.

Après avoir lavé leur matériel, nous terminons par un rapide échange. Ils prendront un temps de « digestion » avant de me faire parvenir leur témoignage.

Témoignage

Merci Stéphane pour cette initiation à la calligraphie japonaise, c’était très chouette. En rentrant chez moi j’ai regardé à nouveau ce que j’avais fait, et j’étais encore plus fier de moi. Je l’ai même montré à mon responsable magasin (qui est fan de culture japonaise et qui a vécu au Japon) et il a trouvé très beau le résultat. En revanche j’avoue que je n’ai pas trop ressenti le côté « lâcher-prise » étant donné qu’il y avait beaucoup de paramètres à prendre en compte et à intégrer avant de laisser aller. Mais c’était une très belle expérience, merci beaucoup. Porte-toi bien et à une prochaine fois !

Merci beaucoup Claudio !! Après pour la notion de lâcher prise, effectivement j’ai bien ressenti que tu étais dans le contrôle quasiment tout le temps. Par contre quand tu as découvert ta dernière réalisation sur le papier japonais, là, ton visage et ton corps étaient complètement différents. Ils n’étaient plus dans le contrôle peut-être comme auparavant. À ta disposition pour en reparler et peut-être aussi peut-être pour faire une session auprès de ta famille ou de tes collègues de travail et de ton patron de magasin ? Très bonne soirée et à bientôt

Merci pour ton feed-back, ça m’aide à prendre du recul. Je t’avoue que j’ignore si ma famille et mes collègues seraient partants, mais si c’est le cas je ne manquerai pas de te solliciter ?? Bonne soirée à toi !

L’atelier en photos !

katakana « ou »
« Claudio » version 1 / version finale
« Ulies » version 1 / version finale

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