Suite à des animations aves des enfants
Début mai 2026, j’ai eu l’opportunité d’animer l’atelier « Koï nobori » auprès de 4 médiathèques de la ville de Créteil, essentiellement auprès d’enfants de moins de 13 ans (voir l’article « Le rêve de la carpe » et la référence « Créteil »).
Est-ce parce qu’actuellement l’actualité et l’avenir dessiné par les médias semble encore plus pessimiste qu’auparavant, j’ai eu l’envie forte de donner à entendre aux enfants participants aux ateliers une histoire stimulante et porteuse d’espoir : je voulais qu’ils entendent qu’un autre chemin est possible et que ce sont eux-mêmes qui ont la possibilité de dessiner un avenir plus radieux, en actionnant l’élan créatif présent en chacun d’entre eux !
L’histoire de la carpe est transposable pour chacun !
A l’instar de la carpe de l’histoire, qui a un rêve et qui se donne les moyens que son rêve se voit réalisé, cette histoire est transposable pour chacun d’entre nous :
- Nous aussi, nous pouvons avoir un rêve,
- Nous aussi, nous avons la capacité de mettre au service de sa réalisation toute l’étendue de nos compétences, dont nous ne sommes d’ailleurs majoritairement ignorants,
- Au cours de notre quête, nous aussi, nous rencontrerons pareillement des difficultés, voire des moments de forts doutes et même de résignation,
- Nous aussi, nous aurons à vivre l’étape de « la mort de notre rêve », avant de renaître, tel le phénix,
- Nous aussi, à ce moment de la mort de notre « espoir », à ce moment délicat du lâcher-prise, pendant ce temps pendant lequel nous n’aurons plus le contrôle des choses, une « aide providentielle » surgira de la part de notre environnement, humain, situationnel, …, plus ou moins large,
- Pour nous aussi, notre rêve pourra se voir réalisé, mais sous une forme qui pourrait être différente de celle initialement idéalisée, mais un rêve néanmoins réalisé !
Moi-même, quand j’étais petit…
Pour illustrer la transposabilité de l’histoire de la carpe aux humains, pour la première fois, j’ai raconté mon histoire aux enfants, pour que cela leur soit facilement compréhensible.
Quand j’avais leur âge, je rêvais de devenir pilote de Formule 1, étant né au Mans, la ville mondialement connue pour sa course automobile « Les 24h du Mans ». Mais après quelques années et après avoir réalisé que je portais des lunettes, j’ai abandonné mon rêve, puisqu’il n’existe pas de pilote de courses qui porte des lunettes…
Pourtant, Frédéric Sausset, lui, a réalisé son rêve !
Pour autant, en 2016, un pilote amputé des quatre membres a bel et bien participé aux 24h du Mans, sa voiture ayant même terminé la course ! L’un des enfants d’un atelier avait lui aussi entendu l’histoire de cet homme, Frédéric Sausset, grâce à son institutrice qui en avait parlé en classe ! Au-delà de cet exploit, cet homme a participé à de nombreux autres challenges et, quand un journaliste lui avait demandé s’il souhaitait revenir à sa vie d’avant, quand il avait l’usage de ses quatre membres, il lui avait répondu catégoriquement « non, ma vie est bien plus passionnante à présent ! Je n’aurais jamais fait ce que je vis désormais auparavant ! »

« Tout ça pour dire que tout est possible ! : qu’est-ce que c’était que porter des lunettes, en comparaison de la perte de ses 4 membres ?… Et pourtant, lui, il l’a fait ! », avais-je expliqué aux enfants.
Une intervention extérieure
« J’ai déménagé fin janvier 2026, la veille de mon 57ème anniversaire », ai-je également expliqué aux enfants. « Après avoir habité un 13m² à Montmartre pendant 22 années, j’habite dans une maison de 80m² avec un grand jardin, au bout d’une allée, à 35mn en vélo du cœur de Paris. Et pour le même loyer qu’avant ! » Ce qui, en soi, est impossible !
Tout cela parce qu’un matin, la Grand-Mère chez qui j’étais en vacances, m’avait soumis cette idée qu’elle avait eue le matin, alors qu’elle ne parvenait pas à se rendormir : proposer à Stéphane de louer le rez-de-chaussée de leur maison de Fontenay ! D’une part, car je sais qu’il habite dans une petite superficie, que je le connais depuis le temps qu’il vient aider à l’entretien des espaces verts chez nous à Niort, et alors que c’est compliqué, pour nous, de trouver des locataires, qui ne restent d’ailleurs pas longtemps, qui n’entretiennent pas la maison ni le jardin et qui les rendent parfois avec des dégradation et en nous laissant même des « ardoises »…
Une telle proposition arrivait pile à un moment quand je saturais de ma vie dans ce logement de Montmartre et plus généralement à Paris, et, plus largement, quand je saturais de ma vie, autant professionnelle que personnelle : je me sentais à bout d’un chemin, sans pour autant être en capacité d’imaginer la suite !
A l’instar de l’intervention des divinités pour permettre à la carpe que son rêve se voit réalisé, la proposition de la Grand-Mère est intervenue à point nommé : comme je l’ai expérimenté puis compris après avoir commencé à vivre dans cette nouvelle maison, et mon quotidien et mon rapport au travail, à la vie, à moi-même et aux autres, ce rapport a révolutionnairement changé !
Dans les deux cas, c’est une intervention extérieure, sur laquelle nous n’avons pas d’emprise, qui a permis ce bouleversement, survenant certes à ce moment clé, quand on ne voit plus de solution et que l’on se sent désemparé.
Au-delà, l’histoire de la carpe qui rêvait de voler, n’est-elle pas une parabole, applicable à chacun d’entre nous ?
Au sens où chacun d’entre nous peut :
- Avoir un rêve : faire X métier, qu’il ou qu’elle m’aime, changer de travail, avoir une maison…,
- Faire des efforts pour le réaliser : se consacrer à ses études, faire une cour assidue, mettre en place une veille professionnelle ardente…,
- Rencontrer des embûches : injonctions en provenance de son entourage, pensées internes limitantes, difficultés matérielles…,
- Connaître un moment de renoncement, d’abandon de son projet : acceptation de l’infaisabilité, renoncement par abandon, découragement, dépression…,
- Faire l’expérience de « l’intervention magique » : une rencontre inattendue, une mise en contact imprévue, une intuition, un « alignement des planètes »…,
- Vivre la concrétisation de son rêve, mais pas forcément sous la forme initialement envisagée : une autre occupation professionnelle qui permet tout autant de travailler dans la nature, par exemple, la copine/le copain de la femme/ de l’homme initialement courtisé/e…
Le long chemin vers l’inconnu, porté seulement par… ?
En effet, tous, à chaque moment de notre vie, nous pouvons avoir un rêve avant de nous retrouver sur le chemin de sa réalisation, dès lors que nous ne le tuons pas dans l’œuf, mais que nous osons sortir de notre zone de confort pour nous lancer vers l’inconnu, le non-maîtrisé, et ce, sans savoir à l’avance si cela en vaudra la peine, si nous ne risquons pas plutôt de perdre notre sécurité initiale.
Le long de ce parcours, nous prendrons les décisions et nous mettrons en place les actions qui nous sembleront à même de contribuer à l’atteinte de notre objectif et donc à la réalisation de notre rêve, sous la forme préméditée. Mais surtout, nous serons portés par « quelque chose » en nous, pour nous donner l’énergie, la force, la confiance en soi, l’endurance, pour aller vers cet inconnu.
Porté par la confiance en soi
Lors du premier atelier du samedi, à Créteil, quand j’ai demandé aux enfants de me dire s’ils ont un rêve et, d’après eux, quelles qualités faut-il, autant à la carpe qu’à nous-même, pour réaliser notre rêve, une fillette m’a particulièrement surpris quand elle a pointé qu’il faut avoir confiance en soi.
Effectivement, je n’y avais pas pensé ! C’est bien la confiance en soi qui nous porte tout ce temps. Sans confiance en soi, pas de possibilité de réalisation de son rêve !
A une époque où nous essayons de contrôler le maximum de nos vies, d’anticiper au maximum, de tout règlementer pour nous mettre à l’abri des risques, de ne pas accepter de perdre, d’être frustré, …, n’est-ce pas à l’opposé de la démarche de la carpe qui se lance, sans filet, vers un inconnu ? Seulement portée à la fois par un rêve, une représentation d’une matérialisation d’un rêve, couplé à une forte et constante énergie et portée par une indéfectible confiance en elle et en l’avenir ?
