
Date
Vendredi 5 décembre 2025
Animation
Formation « Calligraphie japonaise – le lâcher prise et après », dans un espace événementiel de Niort
8 collaborateurs de Groupama Nouvelle Aquitaine, dont la manager de l’équipe, et un collaborateur en visio.
Contexte
Dans le cadre d’une formation de cohésion d’équipe. La veille, le groupe avait notamment dégagé des thématiques de travail en sous-groupes, dont la gestion du stress. Il était donc important de rattacher la formation « Calligraphie japonaise – le lâcher prise et après » à cette thématique dégagée la veille et plus généralement au contexte d’un groupe de collaborateurs d’une grande entreprise d’assurance. Durée 3h.
Programme
- présentation de la formation et de la calligraphie en tant que technique permettant, rapidement, un lâcher prise ainsi que les bienfaits du lâcher prise : mise à distance des pensées, ancrage dans l’instant présent en pleine conscience, libération possible de son capital énergie, connexion plus fine avec sa vie intérieure et avec son entourage, souplesse dans l’abandon de connexions neuronales obsolètes et dans l’édification de nouvelles connexions neuronales et, ainsi, augmentation de ses capacités d’adaptabilités à son contexte et à son entourage. Enfin, mise en lumière qu’il est improductif de vouloir changer l’autre, notamment en cas de relation conflictuelle. Changer soi-même de point de vue pourra, seul, amener à un changement de son interlocuteur !
- rapide présentation des différents systèmes d’écriture du japonais,
- identification des katakana transcrivant en japonais les prénoms des participants,
- réalisation, par l’intervenant, d’un modèle de leur prénom en calligraphie,
- réalisation de calligraphies de leur prénom par les participants,
- conseils proposés par l’intervenant aux participants, pour améliorer leur calligraphie et échanges autour des bienfaits de la calligraphie (lâcher-prise, mise à distance des pensées, ancrage dans le présent et pleine conscience…), autour des différences culturelles et des spécificités de la culture japonaise et de son organisation sociale, notamment,
- bilan de la formation.
- les participants sont repartis avec leur prénom calligraphié, sur papier classique et sur papier japonais.
Compte-rendu
Après une rapide présentation de la cheffe du groupe, j’ai commencé par expliquer en quoi cette activité se rattache à leur situation et à leur thématique. A travers les bienfaits générés par la pratique de la calligraphie :
- Être ancré dans le présent,
- Tenir à distance ses pensées,
- Se relâcher physiquement et mentalement,
- Être davantage centré sur soi-même plutôt que sur un objectif à réaliser,…,
- Autant de changements de dispositions amenant à être moins sujet au stress, ce qui aura forcément une incidence sur vos relations avec les autres et au sein d’un groupe, de travail par exemple.
Après quoi je propose aux participants de me poser leurs éventuelles questions.
L’un d’eux me demandant quel est mon parcours, cela me permet notamment d’expliquer mon intérêt pour le Japon et, plus spécifiquement, mon intérêt pour la mise en place d’une communication basée sur d’autres repères que ceux auxquels nous sommes habitués. En effet, nous ne pouvons pas lire les Japonais à l’instar des Français. De plus, comme ce ne sont pas les Japonais qui nous donnent les clés pour les comprendre, nous devons passer par d’autres canaux, hors le langage verbal et les expressions du visage (qui ne sont pas expressives chez les Japonais pour les Occidentaux).
Cela me permet ainsi d’enchaîner sur les spécificités de l’écriture du japonais, au sens où nous sommes également confronté à un univers différent, pour lequel nous devons faite pareillement preuve de souplesse en d’adaptabilité. Avant une pause, nous abordons les points habituels de l’animation : trouver comment s’écrit son prénom en japonais, le matériel de calligraphie et ce qui peut le remplacer, en cas de difficulté à se le procurer, la posture du calligraphe ainsi que les points et les traits de base de la calligraphie.
Pendant l’heure environ de pratique, chacun s’est pris au jeu et a enchainé les calligraphies de son prénom après m’avoir entendu leur pointer les points faibles de leur calligraphie et mes conseils d’amélioration. Au final, chacun a réalisé au moins dix versions avant d’en réaliser au maximum trois sur le fin papier japonais. L’une des participantes s’est lancée dans la calligraphie du prénom de son fils et la cheffe du groupe a réalisé la calligraphie des absents du groupe et également de l’entreprise.
Pendant cette heure de pratique, outre les conseils oraux proposés, les signes katakana tracés au tableau ou sur les feuilles des participants en guise de modèles,
- d’une part, j’ai mis en exergue certains points de faiblesse ou de blocage chez les participant : vous avez du mal à lâcher prise ; pour preuve vous êtes venu avec votre ordinateur portable que vous mettez sur la table et vous regardez régulièrement votre téléphone portable pendant l’atelier, vous êtes dans le contrôle, vous restez dans cette erreur de tracer tel trait de telle manière, malgré mes apports pour l’améliorer ; c’est là une illustration que vous ne parvenez pas à mettre en place un autre geste, une autre habitude et donc une autre connexion neuronale…
- D’autre part, je leur ai fourni des apports plus concrets et en me basant sur leur pratique pour leur permettre de faire le lien entre mes explications portant sur les bienfaits de la calligraphie et sur l’expérience du moment, de façon à ancrer ces apports à un autre niveau que le seul mental : quand vous calligraphiez, vous pensez en même temps à autre chose ?, vous sentez quand vous êtes dans le contrôle et quand vous lâchez prise ?…
Au moment du tour de table final, pour recevoir les retours des participants :
Une participante, suivie rapidement par sa voisine, ont indiqué avoir senti la bascule quand elles calligraphiaient, entre le au moment quand c’était leur mental qui contrôlait puis quand ça a été autre chose à l’intérieur d’elles-mêmes qui prenait le dessus.
Un participant, à l’origine réfractaire à l’activité et ayant adopté dès le début de la formation un comportement de type « parasite », au sens celui d’un élément perturbateur, qui tente constamment de détourner l’attention notamment de son voisin mais également des autres participants, du dire de l’intervenant, a finalement indiqué de lui-même qu’il est tout le temps dans le contrôle. Même si je lui ai pointé qu’il s’est pris au jeu et qu’à certains moments, il n’était plus dans le contrôle mais dans un lâcher-prise et qu’il intégrait mes conseils pour améliorer ses calligraphie, a préciser qu’il ne pouvait pas s’avouer qu’il n’était plus dans le contrôle. De mon point de vue, il s’est pris au jeu et au final il a suivi les consignes et il s’est également positionné un peu dans la position de l’élève qui apprend d’un « maître » pour essayer d’améliorer ses calligraphies. Celles-ci ont d’ailleurs été rapidement homogène. Il y avait ainsi un gap entre ce qu’il se disait être, ce qu’il voulait se croire être et ce qu’il faisait en réalité.
Un autre participant a indiqué avoir joué le jeu avant de préciser, de façon étonnement véhémente que la calligraphie ce n’était pas pour lui et qu’il avait d’autres moyens pour lâcher prise. A noter qu’à l’occasion d’un échange téléphonique avec sa cheffe, dans l’après-midi, il a reconnu avec apprécié l’activité…
Une jeune collègue en alternance avait précisé qu’en effet, cela dépend des personnes ; cette activité peut convenir à certaines personnes et pas à d’autre : ce n’est pas l’activité en elle-même mais les personnes qui la reçoivent qui peuvent ou non accrocher. Celle-ci a envoyé un courriel à la chef de groupe dans l’après-midi pour lui indiquer également qu’elle avait apprécié l’activité, notamment via l’intervenant.
Compte-rendu de la cheffe du groupe
Cet atelier lui a permis de « voir sous un jour » différent certains de ses collaborateurs, en même temps qu’il l’a confortée dans son appréciation d’autres collaborateurs. Elle a ainsi été surprise par la capacité de certain collaborateur à s’adapter et à lâcher-prise ou de jouer finalement le jeu malgré de fortes résistances initiales ou encore de réagir plutôt fortement d’autre collaborateurs, dont le comportement ne laissait pourtant rien présager. Autant d’enseignements qui l’aideront à trouver des leviers adaptés à chacun pour leur permettre de travailler sur leur gestion du stress.
L’atelier en photos !

