
Date
le samedi 16 mai 2026
Animation
Animation « La calligraphie japonaise », à la Maison pour Tous, Ricardo Bofill, à Noisy le Grand. Durée : 2h.
8 enfants de moins de 12 ans et l’animatrice de la Maison, à l’initiative de l’animation.
Contexte
L’animatrice de la Maison pour Tous Ricardo Bofill, située au coeur de l’une des cités de la ville, cherchait une activité culturelle susceptible d’intéresser son jeune public, afin de les « sortir » de leurs activités habituelles et de les ouvrir à une pratique culturelle. Sur la base de leur intérêt pour le manga et pour la culture japonaise, elle a souhaité organiser cet atelier de calligraphie japonaise.
Programme
Compte-rendu
A son arrivée, l’un des jeunes se présente comme s’il était présent « juste pour voir » mais sachant déjà qu’il ne participerait pas à l’activité : porteur d’une casquette recouverte de la capuche de son sweat shirt, il s’absorbait dans son portable qu’il ne quittait quasiment pas des yeux ; tout juste s’il répondait à l’animatrice et aux autres jeunes ! A une beaucoup moindre mesure, je ne sens pas une grande réactivité de la part des autres jeunes présents. Je devais donc trouver à, dans un premier temps, capter puis susciter leur intérêt, puis la maintenir et les amener à être participatifs tout pendant les 2h de l’atelier.
Je commence donc, d’entrée, à leur dire quelques phrases en japonais puis je réalise la calligraphie du jeune à la capuche, à la fois pour les intriguer et les attirer, mais également pour montrer tant au jeune à la capuche qu’aux autres, que je le prends en compte dans le groupe, même si son comportement laisse à penser qu’il s’en extrait. Tout en adaptant autant ma communication que mon langage, afin de les surprendre en les taquinant, parfois les chambrant gentiment, en ne les ménageant pas forcément et en leur faisant comprendre que je mène l’atelier sans essayer d’en obtenir quelque chose, je passe rapidement sur la partie présentation puis sur la recherche des katakanas correspondant au prénom de chacun. Je passe, par contre, auprès de chacun pour les aider à trouver les katakanas de leur prénom, afin de créer une relation personnalisée. En présentant le matériel, je leur précise qu’il provient du Japon, à la fois pour les impressionner mais également pour leur montrer que je leur mets à disposition un matériel qualitatif.
Je les laisse ensuite calligraphier leur prénom, en leur donnant très peu de consigne mais en les stimulant sur leurs réussites et en réalisant auprès de chacun un exemple de calligraphie de son prénom. Très rapidement, après avoir réalisé plusieurs premières versions de leur prénom, ils me demandent comment s’écrivent d’autres prénoms, mais ils acceptent néanmoins de poursuivre avec leur seul prénom, quand je leur indique que nous verrons à la fin de l’atelier pour ces autres prénoms, selon le temps restant.
Chacun réalise ainsi plusieurs versions de son prénom, en prenant en compte mes petits conseils, en comprenant ce que je leur explique alors que je montre à l’assemblée les réalisations de chacun. Avec des jeunes de cet âge, je ne le fais habituellement pas, mais cette fois, comme ils se connaissent tous et qu’il règne une ambiance familiale, non jugeante, je n’hésite pas. Pour ces mêmes raisons, je taquine également à de nombreuses raprises l’animatrice de façon à montrer qu’enfants et adulte encadrante sont, cette fois, tous au même niveau et qu’ils sont tous, cette fois, membres d’un même groupe. De même, je mets à plusieurs reprises en avant le jeune à la capuche, en prenant son prénom en exemple, en valorisant auprès de tous ses réalisations. Ainsi, peu à peu, ce dernier sort de sa bulle, sollicite mon retour face à ses réalisations…
Comme habituellement, je montre à l’assemblée la calligraphie finale réalisée par chacun, en valorisant chacun. Après quoi, et comme promis, je leur demande s’ils souhaitent connaître la version japonaise d’autres prénoms, que je leur écris, à mesure, sur le tableau blanc. Ils les calligraphient alors d’eux-mêmes. À ce moment, l’animatrice me demande de faire le prénom d’un homme de sécurité qui voulait fortement participer à l’atelier au moment de sa date initiale (car l’atelier avait été reporté) mais qui est malade depuis, de même que celui de deux autres collègues. Après leur avoir écrit la version japonaise des trois prénoms, je propose à chacun des jeunes que chacun les calligraphie, en mettant aussi dessus le prénom en français, de façon à donner les calligraphies à ces personnes absentes, notamment à cet homme de sécurité pour lui donner de l’énergie à son retour, ce que chacun des jeunes exécute volontiers !
Au final, les enfants étaient contents de l’atelier et ils se sont tous ouverts au cours de l’atelier et ils sont restés concentrés et dans l’atelier pendant plus d’une heure 40 ! J’ai également compris, grâce notamment au jeune à la capuche, que même s’ils semblent réfugiés dans leur bulle et crispés sur eux-mêmes, il reste possible de les atteindre, de les rejoindre et de susciter dans leur regard et dans leur comportement une curiosité et un intérêt présents chez tous les enfants et chez tous les jeunes ! Egalement, il aura fallu que j’aille au-delà des stéréotypes et des éventuels jugements que je pouvais avoir en les rencontrant et avant de les rencontrer, pour certes m’y adapter mais aussi les considérer avant tout comme n’importes quels enfants ! Le challenge de cette animation était finalement de me détacher de « ma zone de confort », au sens de stéréotypes et de jugements hâtifs comme d’un plan pré-établi du contenu de l’atelier, pour plutôt m’adapter à ce public et à les rejoindre là où ils sont !
Témoignage
Bonjour, Merci beaucoup pour votre message. Suite au retour des jeunes, ils ont beaucoup apprécié l’atelier, surtout le fait de rechercher et d’écrire leur prénom en katakana. Vous avez réussi à susciter leur enthousiasme et leur curiosité, en vous adaptant à eux. Nous vous remercions pour votre patience, votre disponibilité et la créativité que vous avez partagée. Je vous souhaite une très belle journée.
L’atelier en photos !/

